vuedevauxBeaucoup de monde se pressait ce week-end dernier au château de Vaux-le-Vicomte pour l'ultime Soirée aux Chandelles de la saison. C’est que l’événement, désormais bien installé, a bonne réputation et tient promesse. Imaginez visiter le château et parcourir le parc à la seule lueur de chandelles et de bougies. Grandiose ! C’est toute une atmosphère qui se dessine alors, empreinte de beaucoup de majesté et d’émerveillement. Pour qui connaît le château dans sa configuration « traditionnelle », c’est un nouvel environnement qui s’offre à lui par la seule magie de cette lumière artificielle.
Avant Versailles, Vaux-le-Vicomte a été édifié pour Nicolas Fouquet, surintendant des Finances de Louis XIV. Joyau du XVIIe siècle, son architecture est l'oeuvre de Louis Le Vau. Au peintre Charles Le Brun, on confia certains des décors tandis que les jardins furent aménagés par André Le Nôtre.
On rapporte que la splendeur du château et les fastes d'une fête donnée en l'honneur de la Cour en juillet 1661, attira les foudres du jeune Louis XIV qui chercha dès lors à destituer son ambitieux ministre. La réalité est en fait plus complexe. A la mort de Mazarin en mars 1661, la faveur de Nicolas Fouquet semble à son comble. Toutefois, les critiques incessantes de Colbert à son encontre finissent par porter leurs fruits : le roi se méfie de plus en plus de son surintendant des Finances. La décision de le destituer intervient avant l'été. Dans ce contexte, la fête organisée en juillet est à comprendre comme un leurre pour endormir la vigilance de Fouquet. Arrêté, jugé, l'ambitieux ministre protecteur des arts, est reconnu coupable de crimes de péculat (détournement de fonds public par un comptable public) et de lèse-majesté en 1664. Condamné à la confiscation de tous ses biens et au bannissement hors du royaume, il verra sa peine commuer par Louis XIV en un emprisonnement à vie à la forteresse de Pignerol où il meurt en 1680.
A Vaux-le-Vicomte, Le destin de Nicolas Fouquet est au coeur d'une exposition animée permanente. Ce qui frappe avec cette exposition, c'est sa modernité qui tranche avec le cadre XVIIe du château. En effet, en place des traditionnels panneaux et objets sous vitrine, ce sont des mannequins de cire et des projections en 3D - installés au beau milieu des décors Ancien Régime - qui viennent nous raconter les moments clés de la vie de Fouquet. Démarche audacieuse ou reconstitution de mauvais goût ? Les amoureux du patrimoine s'offusqueront de ce mariage mixte tandis que d'autres apprécieront le côte ludique et familial du parcours. Pour ma part, si je n'ai pas été choquée par la présentation, je n'y adhère pas vraiment, formulant le voeu que ce type d'initiative ne devienne récurrente au sein des chefs-d'oeuvre de notre patrimoine. Toutefois, cette exposition est circonscrite à une partie seulement du château, l'essentiel des pièces (appartements privés de M et Mme Fouquet, salles de réception) demeurant en son état original.